26 mars 2026: journée ouverte de la plateforme Handicaps et Addictions
Le 26 mars 2026 a eu lieu la journée de la plateforme handicaps et addictions ouverte au réseau romand. Plus d’une cinquantaine de professionnel·le·s des champs du handicap et des addictions en Suisse romande se sont réunis à Lausanne pour mieux situer les enjeux de l’accompagnement des personnes concernées à la fois par des consommations de substances et une situation de handicap.
Expression des besoins
Les échanges ont mis en évidence des professionnels confrontés à des situations complexes, pris entre les logiques de la protection et de l’autodétermination, révélant un besoin important de formation, de décloisonnement et d’un changement de paradigme vers le rétablissement et la co-responsabilité.
Une impulsion pour renforcer les collaborations
L’objectif de cette journée était d’échanger et partager sur les enjeux des pratiques d’accompagnement des consommations de substances en lien avec des situations de handicaps. Les principaux questionnement était : comment thématiser les consommations dans le cadre institutionnel? Quels enjeux entre respect de l’auto-détermination des invididus et protection des collectifs? Comment accéder aux soins spécialisés dans les addictions lorsque l’on vit une situation de handicap?
Une journée riche en échanges pour mieux situer les outils existants, les défis pour l’accompagnement tant en milieu résidentiel qu’en milieu ouvert, ainsi que pour mieux identifier les besoins en termes de réseaux et de compétences recherchées.
Deux tables rondes
La première table ronde a permis de mieux comprendre les enjeux liés aux différents troubles du développement, en termes de ressources et de vulnérabilités, ainsi que les interactions avec les substances. Elle a mis en évidence l’importance du bon diagnostic pour un accompagnement et des soins adaptés. Elle a permis de présenter des outils comme l’échelle de sévérité, utilisé dans le domaine du handicap en collaboration avec un service spécialisé du CHUV, ou les outils développés par Tactus, Sum-ID Q et MDA, adaptés au contexte Suisse pour le repérage et l’accompagnement des personnes présentant des déficiences intellectuelles légères. Ces outils sont basés sur les approches de l’entretien motivationnel et de la thérapie cognitive et comportementale.
La seconde table ronde était consacrée à l’autodétermination et la protection des personnes concernées. Y ont été présentés le cadre de référence de la Convention internationale des droits des personnes en situation de handicap, les tensions entre vulnérabilité, les besoins d’accompagnement et les mesures de protection, qui amènent des contradictions. Comme prendre soin, le travail du « care », dans un écosystème avec de multiples champs de tension. Cette table ronde a mis en évidence le questionnement des cadres en institution pour aborder les questions liées aux consommations et aux addictions, entre approche individuelle, protection du collectif et respect du cadre institutionnel. La conclusion a été de souligner qu’il s’agit de tendre vers l’autodétermination, plus que de l’ériger comme principe absolu.
Au programme de la journée de rencontre du réseau romand Handicaps et Addictions
Regards croisés
- les problématiques rencontrées avec les personnes accompagnées
- Les défis dans l’accompagnement de personnes concernées avec handicap et consommations
- Identification des besoins
Table ronde: Troubles neurodéveloppementaux et addictions
- Modération par Romain Bach, co-secrétaire général du GREA
- Dominique Frassati, médecin psychiatre spécialisée en troubles neurodéveloppementaux
- Roberto Rizzo, travailleur social, Argos
- Agnès Gisclon, coordinatrice socio-éducative du Pôle Autonomie, Fondation St-Barthélémy
- Barbara Broers, Pre en médecine des addictions, Faculté de médecine UNIGE
Table ronde: Auto-détermination et protection
- Modération par Alexandra Bourgois, cheffe de projet au GREA
- Catherine Roulet, co-présidente Insieme Vaud, membre de la commission d’éthique d’Eben Hézer
- Christine Torri-Gremaud, responsable éducative, Fondation St-Louis
- Catherine Lenzi, professeure HES, HETS-Ge
- Isabelle Streit, coordinatrice de liaison, Addiction Neuchâtel
